Great Divide #18, Pie Town and The Toaster House

Publié le 21/09/2018

Dans les années 1920, un dénommé Clyde Normann arrive à une “jonction”. L’ Amérique est restée si vaste qu’elle est encore et toujours composée de milliers d’entre elles. L’homme y parvint “broke”, fauché comme les blés. Histoire bien américaine: il repart de zéro,  se lance dans le commerce du pétrole, du gaz et de l’épicerie et ouvre un petit restaurant où il sert du café et des beignets. Peu à peu, il se mit à pétrir sa propre pâte à tartelettes de fruits.. Les ranchers alentour lui furent gré d’une telle activité. Il prospéra, si bien que dans les années 1930, les autorités installèrent une poste et nommèrent le lieu « Pie Town ». Aujourd’hui, les cinq cafés de cette intersection les propose. On vient de toute l’Amérique pour goûter à ces délicieuses tartelettes qui nourrissent l’imagination fertile les cyclistes à des centaines de kilomètres à la ronde. J epux vous dire qu’elles valent le détour!

Les clients sont invités à  épingler leur origine sur une carte du monde ou celle des Etats-Unis. C’est aussi la première fois depuis deux mois et demi que je découvre des personnes, en l’occurrence des femmes, qui préparent de la pâte à la main, une chose peu commune aux Etats-Unis!Great Divide #18, Pie Town and The Toaster HousePie Town abrite également le “Toaster House”, refuge ouvert aux seuls marcheurs et cyclistes de passage. Une maison en bois, un brin poussiéreuse et à l’abandon, sans aucun habitant, d’autant plus que ce soir là, j’étais le seul de passage. Je n’en saurai pas plus. Des toasters en pagaille fixés sur l’enceinte, une arche d’entrée en bois qui en fourmille. Quel idée a donc traversé la tête de la propriétaire de ses lieux?Great Divide #18, Pie Town and The Toaster House 1Great Divide #18, Pie Town and The Toaster House 3Plein de messages de sympathie accrochés au mur. Un livre où chacun inscrit sa présence éphémère et un tronc rouge cadenassé pour donation volontaire. Nita, qui y a élevé en son temps ses cinq enfants, non seulement confie sa maison aux voyageurs auto-propulsés, mais les invite à se sentir chez eux, à se servir dans un lot d’anciens habits et puiser dans les stocks de nourriture dans les armoires… Fait assez rare dans le seul pays traversé où je n’ai jamais vu autant d’avertissements écrits vissés sur les kilomètres de barbelés, tels que “posted, no trespassers, keep out”, bien plus nombreux que les panneaux de signalisation, que l’on cherche souvent vainement pour se diriger.

Et puis, il y a même quelquefois des ranchers déguisés en Père Noël qui vous déposent de l’eau fraîche à discrétion et de petits sachets de “carbs” (carbonhydrates) confectionnés avec soin. Pour ne pas rater les cyclistes nocturnes, un panneau solaire permet d’illuminer des gouttes d’eau suspendues!…Great Divide #18, Pie Town and The Toaster House 5Great Divide #18, Pie Town and The Toaster House 6